28 June 2017

C’est en 2014 que le Championnat de Formule E a vu le jour. Pour la saison 2016/2017, l’écurie Jaguar Racing a rejoint les rangs des participants. Cette année, les manches 7 et 8 se déroulent à Berlin, l’occasion pour Wheels And You de découvrir cette discipline encore jeune, ainsi que cette équipe qui vient de rejoindre l’aventure.

Jaguar et le sport automobile, c’est une longue histoire d’amour et nul besoin de rappeler que le constructeur britannique a gagné les 24 Heures du Mans à sept reprises. D’ailleurs, la F-Type Project 7 essayée l’année passée commémore ces titres. Si le succès a été de mise en endurance, l’expérience en Formule 1 fut un peu moins glorieuse. Douze ans après, soit en 2016, Jaguar annonce son retour à la compétition et crée le team Jaguar Racing pour intégrer la troisième saison du Championnat Formule E. Sous l’égide du Team Director, James Barclay, les deux pilotes titulaires, Adam Caroll et Mitch Evans, ainsi que le pilote de réserve Ho Pin Tung, vont se battre pour briller dès cette première participation.

Pour ce faire, ils comptent sur leur monture : la I-Type, ainsi nommée en hommage aux prestigieuses ancêtres que sont la Type C, la Type D et la Type E. La lettre « I », tout comme pour le concept car I-Pace, fait référence à la motorisation électrique. Pour vous donner quelques chiffres sur cette anglaise des temps modernes, sachez qu’elle développe 170 kW en course pour un poids maximum, pilote inclus, de 880 kg. Lors des essais ou des qualifications, la puissance atteint même 200 kW.

La Formule E, comme son nom le laisse entendre, est un championnat disputé par des monoplaces à propulsion exclusivement électrique. De surcroit, toutes les voitures sont quasiment identiques, du moins pour le moment. Cette année, les châssis et les batteries sont encore les mêmes pour chaque écurie.

Pour ce troisième opus, la saison comporte 12 courses qui se déroulent en 10 manches. Après Hong Kong, le Maroc (Marrakech), l’Argentine (Buenos Aires), le Mexique, Monaco et la France (Paris), les trois dernières étapes se composent à chaque fois de deux épreuves. Tout d’abord en Allemagne (Berlin), puis aux Etats-Unis (New York) et finalement au Canada (Montréal). Les tracés ont la particularité de se trouver tous en milieu urbain, le but étant de rendre la discipline très populaire auprès d’un large public. D’ailleurs, à ce petit jeu, l’étape germanique à laquelle nous avons assisté en est un très bon exemple, mais j’y reviendrai.

Comme dans toutes les disciplines de sport automobile, il y a des manches d’essais et les qualifications. La course en elle même se déroule sur environ une heure avec un arrêt obligatoire pour changer de voiture. En effet, les batteries ne permettent pas encore de parcourir la totalité de l’épreuve, un passage au stand s’impose donc. D’ailleurs, le fait que les pilotes doivent rentrer dans le box, sortir de leur première auto pour sauter dans la deuxième, puis repartir, procure un spectacle intéressant.

Pour rendre la compétition plus interactive, avant chaque course, tout un chacun a la possibilité de voter pour son pilote favori. Les trois compétiteurs qui récoltent le plus de suffrages se voient octroyer un FanBoost. Cette récompense est un gain de 100 kJ d’énergie que le pilote peut utiliser dans la seconde partie de la course. Ce système permet aux spectateurs de s’impliquer dans la réussite du ou des pilotes qu’ils préfèrent.

Passée la mi-saison, nous découvrons ce championnat pour la première des deux manches allemandes qui se déroulent à Berlin en ce samedi 10 juin 2016. La compétition a lieu sur le site d’un ancien aéroport, celui de Tempelhof, fermé en 2008. Cet endroit, transformé en un immense parc, est mis à disposition du public en 2010. Ce site plutôt alternatif est aussi connu pour accueillir des festivals de musique électronique. Tout un programme pour une course de voitures électriques.

Les organisateurs ont conservé le côté « ouvert à tous » et familial de l’endroit en créant plein d’activités autour de ce rendez-vous dédié à la compétition automobile. Je n’ai pas l’expérience des autres lieux qui hébergent les différentes manches de la saison, mais je trouve que cet aéroport désaffecté offre une atmosphère idéale. Les guichets d’enregistrement précédemment utilisés par les voyageurs ont même été réaffectés pour organiser les séances de dédicaces des pilotes. Vraiment très sympa ! De plus, Tempelhof étant situé en plein centre-ville, l’accès est relativement facile et le tout organisé avec la rigueur allemande que l’on connaît bien. Une véritable réussite.

Bien sûr, ce n’est pas encore le déferlement de spectateurs, mais tout est fait pour rendre l’expérience très agréable, c’est important de le préciser. Le spectacle vaut vraiment le déplacement et l’engouement va sûrement s’affirmer au fil des saisons. Reste que, pour moi, ça manque quand même de bruit et d’odeurs.

Revenons à nos hôtes. Si le Jaguar Racing a obtenu des performances plutôt intéressantes lors des essais d’avant saison, il faut admettre que, depuis les débuts des courses, les résultats ne sont pas vraiment au rendez-vous. De petits points s’égrènent ici et là, mais ce n’est pas l’exaltation et cette étape germanique ne change pas la donne. Reste que lors de cette septième manche, Mitch Evans réalise quand même le meilleur tour, une première véritable récompense pour l’écurie britannique. C’est toujours bon à prendre. Maintenant, tout le monde se prépare pour le prochain rendez-vous, les 15 et 16 juillet prochains, à New York.

A titre d’information, la course du samedi est remportée par Felix Rosenqvist, le pilote suédois, actuel 3ème du championnat et qui court pour l’écurie Mahindra Racing d’origine indienne. Le dimanche voit la victoire de notre compatriote Sébastien Buemi, actuel 1er du championnat et défendant le titre, remporté la saison précédente, de l’écurie Renault e.Dams dirigée par l’ancienne gloire de la Formule 1, M. Alain Prost. A ce sujet, on peut indiquer que l’équipe française a d’ores et déjà confirmé ses deux pilotes, Sébastien Buemi et Nicolas Prost, pour les deux prochaines saisons.

Cette première expérience au sein du Championnat de Formule E est très intéressante. Le spectacle est vraiment prenant, l’ambiance bon enfant et les courses se disputent à grands coups d’électrons. En participant à ce championnat, Jaguar entend affirmer son implication pour les véhicules électriques et ça va dans le sens de la production en série du concept car I-Pace dès 2018. On ne peut qu’espérer voir arriver de bons résultats pour maintenir au top la motivation de tout le team Jaguar Racing.

Je me permets de conclure ce topo par un petit message aux autorités/politiciens/dirigeants de notre beau pays… Avec un sponsor principal helvétique, la banque Julius Baer, et un pilote suisse, Sébastien Buemi, qui est l’un des meilleurs du championnat, si ce n’est le meilleur, ne croyez vous pas qu’il serait temps d’autoriser à nouveau l’organisation de compétitions automobiles se déroulant sur circuit en Suisse ? La Formule E serait un bon début et je pense qu’une course dans les rues de Genève, Berne ou Zurich offrirait un intérêt tout particulier aux passionnés d’automobile helvètes.

Nos remerciements à Jaguar Land Rover (Suisse) SA pour l’invitation au GP Formule E de Berlin.

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