07 February 2017

Il aura fallu attendre quelques mois et un événement au milieu des alpes bernoises sous un fantastique soleil et par -10 degrés pour pouvoir compléter notre essai du Levante S. A cet occasion Wheels And You a pu le rouler dans des conditions hivernales, mais aussi avec la motorisation diesel et surtout découvrir toute la gamme Maserati sur la neige.


Texte et photos : Tony da Silva


Hasard du calendrier, la neige qui s’est abattue en janvier est tombée à pic pour permettre à Maserati d’organiser une sortie avec de réelles conditions d’enneigement. Dès 9h00, nous sommes une dizaine de personnes à nous relayer à bord de tous les modèles de la marque, à l’exception de la GranTurismo (cette dernière était seulement sur le parking de l’hôtel).

 Grâce à l’arrivée du Levante l’année dernière, la marque au trident commence à avoir une offre premium de tout premier plan avec, dans l’ordre, la grande limousine Quattroporte, la plus petite Ghibli, le très beau coupé GranTurismo et enfin, le SUV Levante.

Le départ est donné à 9h00 et le premier tronçon nous sert d’avertissement alors qu’on se retrouve coincé derrière un bus. Ce dernier attend qu’une dépanneuse prenne en charge un véhicule en perdition sur un flanc de la montagne. Visiblement, avoir une fameuse japonaise en quatre roues motrices avec des pneus hivernaux ne garantit pas de ne pas se retrouver en mauvaise posture. Les occupants du véhicule peuvent remercier l’arbre qui a stoppé net le véhicule quelques mètres seulement après sa sortie de route… la descente totalisant une bonne centaine de mètres, l’écart aurait pu avoir une fin beaucoup plus pénible.

Ce petit coup de semonce quelques kilomètres après avoir quitté l’hôtel a le mérite, si besoin était, de rendre tous les conducteurs prudents et concentrés pour le reste de la journée.

N’ayant jamais pris le volant du Levante, je jette mon dévolu sur ce SUV et sa version S puis Diesel. Avec ses 5.003 mètres de long et 1.98 mètre de large, le Levante n’est pas discret et je soupçonne même l’équipe en charge du design de l’avoir rendu visuellement plus imposant qu’il ne l’est dans les faits. Bien sûr, le SUV reprend certains éléments propres à la marque comme cette très large entrée d’air sur la calandre, les feux arrière dessinés à l’identique comme sur les autres modèles de la gamme et, enfin, les trois petites ouïes d’aération sur chaque côté du moteur. En résumé, impossible de la confondre avec un autre modèle. Je trouve la ligne réussie et recommande vivement les jantes de 20 ou 21 pouces car, de profil, celles de 19 déséquilibrent l’ensemble. Malgré son style SUV, la voiture dégage une forte présence, voire un brin d’agressivité.

Pour ce qui est de l’intérieur, l’équipe du design a été plus consensuelle et même si l’ensemble est homogène, ça manque un peu d’originalité à mon goût. Néanmoins, les matériaux sont agréables et de qualité avec un bon point pour l’espace à bord aussi bien à l’avant que pour les passagers situés à l’arrière. La visibilité est bonne à l’exception de la vision sur l’arrière car avec l’appui-tête du 5ème passager, la lunette arrière est quasi totalement masquée (merci la caméra de recul !).

Sur le plan moteur, je commencerai par le plus savoureux : le V6 essence de 3 litres. C’est plus ou moins le même engin qui se trouve dans la fameuse Alfa Romeo Giulia Quadrifoglio, dont nous vous proposerons un essai complet dès le retour des beaux jours, et qui devrait, un jour peut-être, équiper la petite arlésienne de chez Ferrari.

Pour rappel, le Maserati Levante S est équipé d’une motorisation V6 3.0 biturbo qui délivre 430 ch à 5’750 t/min avec un couple de 580 Nm entre 4’500 et 5’000 t/min. Sur le papier, cette débauche de cavalerie propulse le Levante de 0 à 100 km/h en 5.2 secondes, ce qui semble un peu faible mais le problème est ailleurs. En effet, notre SUV italien affiche 2’109 kg à vide sur la balance. Ce détail « pèse » sur les performances ainsi que sur une consommation mixte déclarée à 10.9 l/100 km.

Pour les gens en quête d’une motorisation plus sage, il y a le Levante Diesel avec son 3 litres turbocompressé qui offre 275 ch à 4’000 t/min ainsi qu’un couple de 600 Nm entre 2’000 et 2’600 t/min. Côté performance, le 0 à 100 est abattu en 6.9 secondes et là encore, le problème est à chercher du côté de la balance : 2’205 kg à vide. Malgré l’adoption d’un carburant réputé économe, la consommation mixte est affichée à 7.2 l/100 km.

Les deux véhicules sont proposés avec la boîte automatique ZF à 8 rapports ainsi qu’une transmission à quatre roues motrices. Point de boîte manuelle mais qui s’en plaindra sur ce type de véhicule ?

Des deux variantes testées sur un parcours mixte dans les montagnes bernoises, c’est bien entendu la version diesel qui est la plus sage. Pour le dire simplement, ce modèle est celui qui m’a le moins enthousiasmé. La faute à une puissance suffisante pour déplacer les plus de 2,2 tonnes, mais rien pour réellement enflammer le plaisir de conduite. Ne vous méprenez pas, le châssis, la tenue de route, la boîte à vitesse et le confort sont bons, mais pour ce qui est des sensations, je me suis un peu senti dans un trident sous sédatifs par rapport au reste de la gamme.

Bien entendu, avec le Levante S, c’est une autre histoire qui commence d’abord avec le bruit. Ce V6 équipé d’un échappement sportif avec des soupapes qui laissent littéralement chanter le moteur est « jouissif ». Je n’ai jamais été dans un SUV produisant un tel bruit et je me suis surpris plus d’une fois à changer de rapport juste pour le plaisir d’entendre les montées en régime ainsi que les coups de semonce lorsque que le moteur envoie une décharge de gaz… on dirait que la chasse est ouverte !

Plus sérieusement, la qualité de la boîte de vitesses couplée à l’élasticité du moteur avec les quatre roues motrices permet d’aborder ces routes enneigées en parfaite confiance. Enfin, le seul défaut que j’ai noté se trouve au niveau de la direction ; je la trouve avare en retour d’information, mais les conditions étaient particulières.

Enfin, lors d’un exercice sur un parking passablement enneigé, il a été possible de tester également la Ghibli S Q4. Toujours avec le même excellent V6 biturbo mais dégonflé à 410 ch à 5’500 t/min et 550 Nm entre 1’750 et 5’000 t/min, la voiture est très séduisante. Bien entendu, grâce à ses quatre roues motrices, rien ou presque ne vient troubler la conduite de cette familiale sportive sur ces routes recouvertes d’un mélange de neige, de glace et de sel.

Conclusion

Globalement, cette journée m’aura permis de mettre à jour mes impressions sur pratiquement l’ensemble de la gamme et très clairement, la marque est en très nette progression depuis ces cinq dernières années. Mieux, grâce à l’arrivée de la Ghibli et du Levante, Maserati devrait franchir les 40’000 unités cette année pour atteindre, si tout va bien, les 75’000 véhicules en 2018. C’est agressif, mais quand on sait que les ventes culminaient à seulement 6’300 véhicules en 2012, la progression est impressionnante.

Bien sûr, certains éléments sont encore perfectibles, comme les gadgets électroniques disponibles chez les constructeurs allemands mais globalement, la marque propose encore des voitures qui affichent un sérieux tempérament ainsi qu’une âme. Ce n’est pas un vain mot en 2017.

Au fil de cet évènement, j’ai pu également confirmer les perceptions positives laissées par le Levante lors de notre essai complet effectué il y a quelques mois, ainsi que celles de la Ghibli, lors d’un test plus ancien, et compléter les impressions de mes collègues par de la conduite sur neige. Ces deux voitures ne déméritent jamais et j’espère que nous aurons l’occasion prochainement de vous proposer un essai complet de la nouvelle Quattroporte.

Pour partager vos impressions, rendez-vous sur le forum UltraSportives.

 

Nos remerciements à Maserati Schweiz AG pour l’invitation à ce Maserati Gstaad Journey.

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