05 February 2018

C’est dans le cadre d’une activité de conduite sur glace organisée en collaboration avec le TCS et l’Office du Tourisme des Diablerets que la société Kyburz, basée dans le canton de Zürich, a invité Wheels And You à découvrir son véhicule de loisir eRod.


Texte : Claude-Alain Ferrière / Photos : Claude-Alain Ferrière, DR


Kyburz n’évoque sans doute pas grand-chose pour bon nombre d’entre vous. Mais vous êtes certainement une majorité à avoir déjà vu l’un des véhicules produits par cette PME de 80 collaborateurs à plus de 12’000 exemplaires depuis plus de 20 ans : les fameux tricycles électriques des postiers, distribués de l’Islande à Australie !

Le propriétaire et fondateur de l’entreprise, précurseur de la propulsion électrique, a donné carte blanche à un petit groupe d’ingénieurs pour concevoir un véhicule de loisirs à propulsion électrique. C’est de cette démarche qu’est né l’eRod by Kyburz dont le prototype a été présenté pour la première fois au Salon de Genève en 2016. Une trentaine de véhicules ont d’ailleurs déjà été vendus en Suisse, en Allemagne et en France.

Présentation

A première vue, l’eRod s’apparente un peu à une Lotus Seven : châssis tubulaire, roues non carrossées apparentes, deux places rejetées à l’arrière du véhicule… Ce petit roadster est d’ailleurs plus dépouillé encore que son ancêtre : pas de pare-brise ni de capote ou de toit, un tableau de bord qui se résume à un écran digital sur la console centrale et quelques interrupteurs, aucun coffre à bagages. C’est très rudimentaire mais tout de même confortable grâce à de beaux sièges-baquet OMP.

Mais la comparaison s’arrête là puisque la propulsion est confiée à un moteur électrique développé spécifiquement pour ce véhicule et situé juste devant l’essieu arrière. Il développe 61 ch (45 kW) mais n’excède pas 15 kW de puissance nominale (moyenne sur une demi-heure) pour conserver une homologation en classe quadricycle L7e avec plaque de moto. Si cette puissance demeure limitée, le couple conséquent de 140 Nm offre tout de même au eRod de belles accélérations et une vitesse maximum de 120 km/h. Ce propulseur électrique est alimenté par des batteries lithium au phosphate de fer de 96 V et 200 Ah (19.2 kWh), une solution éprouvée et économique. Les modules sont répartis sous le tunnel central pour un meilleur équilibre des masses. Les suspensions sont à doubles triangles superposés et combiné ressort-amortisseur fileté pour chaque roue. Les porte-moyeux et freins proviennent des Mazda MX-5 phase 1 et 2 mais seront bientôt remplacés par un développement maison. L’éclairage LED avant et arrière est réduit au strict nécessaire pour rouler sur route.

Divers accessoires sont en cours de développement et devraient sortir courant 2018 : un différentiel autobloquant, des garde-boues, un saute-vent, un pare-brise, un ensemble toit et portes en élytre. Un chargeur rapide 3 heures sera aussi proposé.

Dans sa configuration actuelle, l’auto pèse 600 kg en état de marche, dont 190 pour les seules batteries. Dans le cadre du processus d’homologation, les tests menés par le Dynamic Test Center à Vauffelin – l’organisme d’homologation pour la Suisse – révèlent une autonomie de 180 km, ce qui permet largement de se faire plaisir. La recharge se fait sur une simple prise 220V et nécessite entre 8 et 10h pour une charge complète. Le processus d’homologation européenne est en cours, qui devrait permettre à Kyburz d’atteindre l’objectif de 100 ventes en 2018.

La voiture peut être achetée selon trois formules : un achat en kit (CHF 37’500.-), un achat en kit plus séminaire de montage dans les ateliers Kyburz (CHF 39’500.-) ou l’achat d’un véhicule monté et homologué (CHF 42’500.-).

L’expérience

Alors que la météo est à la neige, je me suis équipé de ma tenue de ski sans oublier le masque sans lequel il serait difficile de bien y voir. Une fois installé derrière le petit volant, l’espace est suffisant pour être à l’aise. Démarrer l’eRod est d’une simplicité enfantine : tourner la clé d’un cran met le système électrique sous tension et l’affichage central en fonction. Une pression sur la pédale de frein ferme le relais principal du groupe propulseur. Il suffit ensuite d’actionner le petit bouton basculeur pour indiquer le sens de marche – avance ou recul – puis d’enfoncer la pédale d’accélérateur pour voir le eRod bondir.

Ceux d’entre vous qui ont déjà conduit un véhicule électrique l’ont expérimenté : le couple est disponible dans son entier quel que soit le régime, de l’arrêt à la vitesse maximale. C’est ainsi qu’une Tesla est capable d’abattre le 0 à 100 km/h plus rapidement que des supercars de 1’000 ch ! C’est pareil pour l’eRod, même si la surface glissante sur laquelle je découvre sa conduite limite la sensation d’accélération.

Stricte propulsion, l’eRod est très amusant à conduire. Outre des accélérations étonnantes, le train arrière glisse à volonté à la remise des gaz. La direction n’est pas très directe et ne surprendra pas. Evidemment, il n’y a aucune assistance mais le volant demeure plutôt léger à manœuvrer. D’aucuns pourront être surpris par la pédale de frein assez ferme mais qui permet un excellent dosage.

Ainsi, sur la piste glace du TCS, je me fais plaisir de belle glissade en belle glissade et dans un équilibre ludique et plaisant. Certes, l’absence d’autobloquant rend la motricité en sortie d’épingle un peu délicate, mais en adoptant les bonnes trajectoires, ça passe plutôt bien. De plus, sa faible masse fait de l’eRod un véhicule d’écolage parfait, réactif mais pas dangereux, économique, silencieux et non polluant. Idéal pour se faire plaisir et découvrir ou perfectionner la conduite d’une propulsion classique.

Conclusion

Treize dates en février, dont neuf encore disponibles, sont proposées pour cette activité en petits groupes (4 véhicules pour un ou deux participants chacun). J’espère que ces lignes donneront envie à certains d’aller découvrir ce véhicule ludique et riche en sensations. Il suffit de contacter l’Office du Tourisme des Diablerets pour réserver votre place, par téléphone au 024/492.00.10 ou par email via l’adresse info@diablerets.ch.

Les dates encore disponibles sont les suivantes :
– formule après-ski : 12, 21, 22, 23 et 26 février
– formule demi-journée : 3, 11, 24 et 25 février

Une formule après-ski de 2 heures, entre 17 et 19h, coûte CHF 175.- par personne alors que la demi-journée s’élève à CHF 270.-, ce qui demeure fort abordable pour découvrir ce petit roadster, la propulsion électrique et la glisse ; un joli package dont chacun peut profiter, novice ou confirmé. Alors, pourquoi pas vous ?!

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Nos remerciements à Kyburz Switzerland AG, tout particulièrement à Mme Laurence Nève, pour l’invitation à cette expérience “eRod on Ice”.

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